Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
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Alfred Dreyfus
le combat pour la justice

Site de ressources sur l'Affaire Dreyfus,
ouvert à l'occasion de l'exposition célébrant le centenaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus
  • 1859

    9 octobre Naissance d’Alfred Dreyfus à Mulhouse.
  • 1870

    Perte de l'Alsace-Lorraine.
    23 août Naissance de Lucie Hadamard à Paris.
  • 1878

    Alfred Dreyfus est reçu à 19 ans à l'École polytechnique, 182e sur 236. Classé 128e sur 235 au concours de sortie, il opte pour la carrière militaire et l’arme savante de l’artillerie.
  • 1880

    Sous-lieutenant élève à l’École d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau. Il y entre 38e sur 103, en sort 32e sur 97.
  • 1889

    Adjoint à l'École de pyrotechnie de Bourges. Il est promu capitaine (12 septembre 1889).
  • 1890

    18 avril Mariage d’Alfred Dreyfus et Lucie Hadamard à Paris.
    21 avril Le capitaine Dreyfus est admis par décision ministérielle à suivre les cours de l’École supérieure de guerre.
  • 1892

    Mai-juin Campagne de La Libre Parole contre les « officiers juifs » dans l’armée.
    26 juin Obsèques du capitaine Armand Mayer, blessé à mort lors d’un duel avec l’antisémite de Morès.
    19 novembre Dreyfus sort de l’École de guerre 9e sur 81. Il est breveté d’État-major, avec la mention « très bien ». Il quitte le 23e régiment d’artillerie et devient stagiaire à l’État-major général de l’armée.
  • 1894

    30 mai Nomination du général Mercier au ministère de la Guerre (jusqu'au 28 janvier 1895)
    2e semestre Dreyfus est attaché au 3e Bureau de l'Etat-Major général. Au cours de ce semestre, il réalise un stage au 39e régiment d'infanterie.
    20 juillet Le commandant d’infanterie Walsin-Esterhazy entre en contact avec l'attaché militaire allemand Maximilien von Schwartzkoppen.

    Walsin-Esterhazy
    25 septembre Circulaire ministérielle affectant Dreyfus au 39e régiment d'infanterie, du 1er octobre au 31 décembre.
    vers le 25 septembre Arrivée du « bordereau » à la Section de statistique (service de renseignements et de contre-espionnage) au ministère de la Guerre.
    fin septembre L'État-major admet que le coupable doit être un officier en stage au ministère de la Guerre. Le lieutenant-colonel d'Aboville, sous-chef du 4e Bureau, et son chef, le colonel Fabre, affirment reconnaître l'écriture de Dreyfus sur le bordereau. Des motivations antisémites ont soutenu la dénonciation d'Aboville. Le chef de la Section de statistique considère Dreyfus comme coupable, du fait qu’il est juif. Son profil moderniste menace le système de cooptation au sein de l’Etat-major de l’armée.
    11 octobre Un « petit conseil » des ministres du gouvernement autorise le ministre de la Guerre à faire procéder à l’arrestation de l’officier suspect, mais exige du général Mercier de nouvelles preuves de sa culpabilité.
    14 octobre Le général Mercier signe l'ordre d'arrestation de Dreyfus.
    15 octobre Arrestation du capitaine Dreyfus à la suite de la scène dite de « la dictée », et incarcération à la prison militaire du Cherche-Midi. Le commandant du Paty de Clam, désigné pour procéder à l'instruction, procède avec le commissaire de police Cochefert, chef de la Sûreté, à une perquisition infructueuse au domicile de Dreyfus.
    29 octobre Le commandant du Paty de Clam, qui a interrogé Dreyfus à sept reprises à la prison du Cherche-Midi, écrit au général de Boisdeffre, chef d'État-major général, que la fragilité de la preuve matérielle, qui doit servir de base à l'accusation, risque de déterminer un acquittement. Entrefilet dans La Libre Parole demandant la confirmation de la récente arrestation d’un traître.
    31 octobre Le commandant du Paty adresse son enquête au général Mercier. Note de l'agence Havas annonçant l'arrestation d'un officier « soupçonné d'avoir communiqué à un étranger quelques documents peu importants, mais confidentiels ».
    1er novembre La Libre Parole annonce l’ « arrestation de l’officier juif A. Dreyfus ». Début d’une vaste campagne de presse. Les ministres, réunis en Conseil de cabinet, décident, malgré l'avis contraire de Gabriel Hanotaux, de l'ouverture d'une instruction judiciaire.
    3 novembre Le général Saussier, gouverneur de Paris, signe l'ordre d'informer contre Dreyfus. Le commandant d'Ormescheville est désigné comme magistrat instructeur.
    4 novembre Rapport de l'agent François Guénée, accusant à tort Dreyfus de fréquenter des cercles de jeu. Ce rapport sera infirmé par la Préfecture de police, mais le ministre de la Guerre cachera les renseignements fournis par la Préfecture de police.
    7 novembre Début du travail d'instruction.
    23 novembre Dernières dépositions reçues par le commandant d’Ormescheville.
    début décembre Le commandant du Paty établit avec le colonel Sandherr un commentaire qui doit accompagner le Dossier secret réuni contre le capitaine Dreyfus par la Section de statistique et le ministère de la Guerre.
    3 décembre Le rapport du commandant d'Ormescheville (acte d'accusation) est remis au gouverneur militaire de Paris.
    4 décembre Sur la base de l'acte d'accusation, le général Saussier signe l'ordre de mise en jugement de Dreyfus.
    19 décembre Première audience du procès Dreyfus devant le Conseil de guerre de Paris. Arrêt de huis clos.
    20 décembre Seconde audience du procès. Faux témoignages du commandant Henry.
    21 décembre Troisième audience.
    22 décembre Quatrième audience. Plaidoirie de Me Demange. Réplique du commissaire du gouvernement. Délibérés de la cour. Le Dossier secret et son commentaire sont apportés par le lieutenant-colonel Henry obésissant aux ordres du ministre de la Guerre et communiqués secrètement aux juges militaires. Le capitaine Dreyfus est reconnu à l'unanimité coupable de trahison, et condamné à la peine maximale, la dégradation et la détention à perpétuité dans une enceinte fortifiée. Son avocat se pourvoit devant le conseil de révision.
    24 décembre Dépôt par le général Mercier d'un projet de loi du gouvernement punissant de mort le crime d'espionnage. Intervention de Jean Jaurès. La Chambre prononce contre lui la censure et l'exclusion temporaire. Le projet de loi est néanmoins repoussé par les parlementaires.
    31 décembre Rejet du pourvoi en révision, non motivé, par le conseil de révision.
  • 1895

    5 janvier Dégradation de Dreyfus dans la grande cour de l'Ecole militaire. Le capitaine proteste à haute voix de son innocence. Il est ensuite transféré au dépôt, puis à la prison de la Santé. La légende de prétendus aveux faits au capitaine Lebrun-Renault après la dégradation est forgée à ce moment. Des consignes d'extrême fermeté sont données contre Dreyfus. (l'état signalétique publié par Le Matin porte : « Dreyfus n'a exprimé aucun regret, fait aucun aveu, malgré les preuves irrécusables de sa trahison. Il doit en conséquence être traité comme un malfaiteur endurci tout à fait indigne de pitié. »)
    5-17 janvier Incarcération d’Alfred Dreyfus à la prison de la Santé.
    Illustration du Petit Journal
    17 janvier Félix Faure est élu président de la République par le Congrès réuni à Versailles.
    17 janvier au soir Brutal transfert vers l’île de Ré. En gare de La Rochelle, Dreyfus est reconnu et battu par la foule.
    18 janvier Dreyfus est embarqué à La Rochelle pour l'île de Ré et détenu au bagne de Saint-Martin.
    9 février Loi adjoignant les îles du Salut à la presqu'île Ducos comme lieu de déportation.
    21 février Dreyfus est embarqué à La Rochelle pour les îles du Salut. Le docteur Gibert entretient de l'affaire Dreyfus son ami Félix Faure et apprend de lui que Dreyfus a été condamné sur une pièce secrète (mais le Président de la République niera par la suite cet aveu).
    Fin février Rencontre entre Mathieu Dreyfus, frère du condamné, et l’écrivain Bernard Lazare. Celui-ci accepte de se mettre au service de la défense de l’innocent.

    Bernard Lazare / Mathieu Dreyfus
    15 mars Dreyfus est débarqué aux îles du Salut.
    13 avril Dreyfus est transporté à l'île du Diable.
    8 juin Loi modifiant les articles 443 à 447 du Code d'instruction criminelle, notamment en ce qui concerne les faits nouveaux.
    1er juillet Le commandant Picquart est nommé chef de la Section de Statistique.

    Georges Picquart par Gerschel
  • 1896

    Mars Arrivée du petit bleu à la Section de statistique et remise du document à Picquart par le capitaine Lauth. Le commandant Esterhazy se trouve ainsi signalé à Picquart par un document provenant de l'ambassade d'Allemagne. Début de l'enquête du commandant Picquart sur Esterhazy
    6 avril Le commandant Picquart est promu lieutenant-colonel.
    Août Esterhazy demande à être employé au ministère de la Guerre.
    5 août Picquart rencontre, à la gare de Lyon, le général de Boisdeffre qui rentre de Vichy et lui fait connaître le résultat de ses recherches sur Esterhazy.
    Fin août Picquart prend connaissance du Dossier secret concernant Dreyfus et découvre que le bordereau est de l'écriture d'Esterhazy.
    1er septembre Fin de l’enquête de Picquart. Note officielle résumant les charges qui accusent Esterhazy.
    3 septembre Le Daily Chronicle annonce faussement l'évasion de Dreyfus. Le ministre des Colonies André Lebon ordonne l'ordre de mettre Dreyfus à la double boucle pendant la nuit. Sur l'ordre de Boisdeffre, Picquart se rend auprès du général Gonse, en permission à Cormeilles-en-Parisis, et lui remet sa note du 1er septembre. Le sous-chef d'État-major lui répond qu'il faut séparer les deux affaires et continuer de rechercher des charges contre Dreyfus.
    5-10 septembre Correspondance entre Picquart et le général Gonse au sujet de la découverte du véritable traître. Ces lettres sont accablantes pour le sous-chef d’État-major de l’armée.
    14 septembre L'Eclair, daté du 15, révèle la communication secrète aux juges du procès de 1894.
    15 septembre Retour de Gonse à Paris. Entrevue avec Picquart. Celui-ci termine la conversation en disant : « Je n'emporterai pas ce secret dans la tombe ».
    18 septembre Lucie Dreyfus adresse à la Chambre, pour demander la révision du procès de son mari, une pétition qui sera rejetée par la Commission, sur un rapport de Charles Loriot.
    26 octobre Signature d'un ordre du ministre envoyant Picquart en mission sur la frontière de l’Est.
    Fin octobre Publication à Bruxelles d'Une erreur judiciaire de Bernard Lazare, dont une seconde édition paraîtra à Paris quelques jours plus tard chez Stock.
    2 novembre Le commandant Henry remet à l'État-major les faux dont il est l'auteur, et notamment celui qui portera son nom.
    10 novembre Le Matin publie un fac-similé du bordereau, ce qui permet à la famille de Dreyfus (dont son frère Mathieu) et aux premiers dreyfusards de réaliser les premières comparaisons d’écriture.
    16 novembre Picquart est écarté de l’État-major. Il est envoyé en mission sur les frontières de l’Est.
    15 décembre Faux télégrammes et lettres contre Picquart, émanant de la Section de statistique.
  • 1897

    1er janvier Il est prescrit au surveillant de garde de Dreyfus de prévenir « même par les moyens les plus décisifs » l'enlèvement ou l'évasion du déporté.
    6 janvier Picquart est envoyé en Tunisie, sur la frontière sud, une zone d’insécurité.
    2 avril Picquart rédige un exposé de l'affaire Dreyfus, de forme testamentaire, destiné au président de la République seul. Fin juin, il confie à son avocat Louis Leblois un mandat général de défense.
    13 juillet Louis Leblois avertit le vice-président du Sénat Auguste Scheurer-Kestner des découvertes de Picquart sur l'innocence de Dreyfus et la culpabilité d’Esterhazy.

    Auguste Scheurer-Kestner
    14 juillet Scheurer-Kestner déclare à ses collègues du Sénat qu'il vient d'acquérir la conviction de l'innocence de Dreyfus et qui s'emploiera à lui faire rendre justice.
    10 septembre Leblois et Scheurer-Kestner décident d'une série d'interventions auprès de hauts personnages de la République.
    16 octobre Scheurer-Kestner s'engage auprès d'un envoyé du ministre de la Guerre, le général Billot, à ne rien entreprendre avant de le voir.
    19 octobre Création du journal L'Aurore par Ernest Vaughan. Sa direction politique est confiée à Georges Clemenceau.
    29 octobre Scheurer-Kestner rencontre le président de la République au sujet de Dreyfus. Echec de la démarche.
    6-7 novembre Un banquier parisien, Jacques de Castro, qui a reconnu l’écriture d’un ancien client, le commandant Walsin-Esterhazy, sur les fac-similés du bordereau vendus sur les boulevards, avertit David Hadamard et Mathieu Dreyfus de sa découverte. Auguste Scheurer-Kestner, qui connaissait l’identité de l’auteur du bordereau depuis que Louis Leblois l’en avait informé (le 13 juillet), lui confirme aussitôt qu’il s’agit bien du même officier.

    David Hadamard
    14 novembre Scheurer-Kestner, dans une lettre au sénateur Arthur Ranc que Le Temps publiera le lendemain, fait connaître la substance de l'entretien qu'il avait eu avec le général Billot, atteste de l'innocence de Dreyfus et affirme que le véritable coupable est connu.
    15 novembre Sur le conseil de Scheurer-Kestner, Mathieu Dreyfus dénonce Esterhazy par une lettre au ministre de la Guerre.
    20 novembre Le général de Pellieux est chargé d'une « information judiciaire préliminaire » contre Esterhazy. À la demande de ce dernier, il ordonne une perquisition chez Picquart. Cette perquisition étant illégale, le prétexte invoqué concerne une enquête sur une fabrique clandestine d’allumettes.
    25 novembre Premier article d’Émile Zola, en hommage à Auguste Scheurer-Kestner (Le Figaro).
    26 novembre Le général Billot, ministre de la Guerre déclare aux obsèques du général de Jessé : « L'armée française est comme le soleil, dont les taches, loin d’assombrir sa lumière, donnent à ses rayons une plus éclatante splendeur. »
    28 novembre Publication par Le Figaro de la « lettre du Uhlan » (Esterhazy).
    1er décembre Deuxième article d'Emile Zola sur l'affaire Dreyfus, en hommage aux premiers dreyfusards : « Le Syndicat ».
    2 décembre Esterhazy écrit au général de Pellieux pour demander à être envoyé devant un conseil de guerre.
    3 décembre Le général de Pellieux adresse son rapport au gouverneur militaire de Paris.
    4 décembre Le général Saussier signe l'ordre d'informer contre Esterhazy, en dépit du « refus d’informer » sur lequel a conclu le conseil d’enquête conduit par le général de Pellieux. L'instruction est confiée au commandant Ravary. Esterhazy est laissé en liberté. Interpellation des députés Marcel Sembat et Albert de Mun sur l'attitude du gouvernement. Le président du Conseil déclare, en réponse à une question du nationaliste de Castelin : « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus... » Le général Billot, répondant ensuite aux interpellations, déclare qu'il considère Dreyfus comme coupable. Il supplie la Chambre d'arrêter « une campagne poursuivie contre l'honneur national et contre l'honneur de l'armée ». La Chambre « affirme l'autorité de la chose jugée, s'associe à l'hommage rendu à l'armée par le ministre de la Guerre », « approuve les déclarations du Gouvernement » (addition Alphonse Humbert) et « flétrit les meneurs de la campagne odieuse entreprise pour troubler la conscience publique » (addition Marcel Habert et Pierre Richard).
    7 décembre Interpellation solennelle de Scheurer-Kestner au Sénat. Echec de la tentative politique.
    9 décembre Début de parution du journal La Fronde.
    13 décembre Emile Zola publie une Lettre à la jeunesse.
    18 décembre Le Figaro abandonne sa campagne en faveur de la révision.
    31 décembre Le commandant Ravary conclut à un non-lieu. Le commissaire du gouvernement Hervieu conclut de même.
  • 1898

    2 janvier Le général Saussier signe cependant l'ordre de mise en jugement du commandant Esterhazy.
    4 janvier Dépôt par Me Leblois d'une plainte en faux formée par le colonel Picquart contre les auteurs des faux télégrammes (« Speranza » et « Blanche ») et contre leurs complices.
    6 janvier Lettre de Trarieux au ministre de la Guerre afin de lui demander d'élucider avant la conseil de guerre les points suspects du procès de 1894 et les manœuvres dont bénéficie Esterhazy.
    7 janvier Le Siècle publie le rapport d'Ormescheville, acte d’accusation du procès de 1894. Emile Zola publie une Lettre à la jeunesse sous forme d'une brochure.
    8 janvier Émile Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, écrit à Auguste Scheurer-Kestner une lettre de soutien et d’adhésion dreyfusarde. Sa lettre est publiée dans Le Siècle daté du 10 janvier. Création du journal Les Droits de l'homme par Henri Deloncle.
    9 janvier Esterhazy se constitue prisonnier, la veille de son procès.
    10 janvier Première audience du procès Esterhazy. Le conseil de guerre rejette les demandes de déposition de Lucie Dreyfus et de Mathieu Dreyfus. Il décide que les débats seront publics « jusqu'au moment où leur publicité pourrait devenir dangereuse pour la défense nationale ». Il entend Scheurer-Kestner et d'autres témoins civils.
    11 janvier Seconde et dernière audience du procès. Le conseil de guerre entend Me Leblois et les témoins militaires, procède à certaines confrontations et prononce l'acquittement du commandant Esterhazy sous les applaudissements d'une grande partie de l'assistance.
    13 janvier Sous le titre « J'accuse… ! » d’Emile Zola, L'Aurore publie une lettre ouverte au président de la République. Le lieutenant-colonel Picquart est arrêté et conduit au Mont-Valérien. À la Chambre, interpellations d'Albert de Mun sur les mesures que le ministre de la Guerre entend prendre à la suite de l'article de Zola. Décision de porter plainte et dépôt d’une plainte par le ministre de la Guerre le général Billot. Auguste Scheurer-Kestner perd la vice-présidence du Sénat.
    14 janvier Première « pétition des intellectuels »
    15 janvier Seconde Protestation. Premier meeting en faveur de la révision du procès Dreyfus à Paris, salle du Tivoli.
    17 janvier Le gouvernement, mis en demeure de publier les prétendus aveux de Dreyfus au capitaine Lebrun-Renault, fait déclarer par l'Agence Havas « qu'il ne veut pas mettre en doute l'autorité de la chose jugée ». À la Chambre, interpellation du député radical nationaliste Cavaignac. Le gouvernement pose la question de confiance et obtient 310 voix contre 252. Organisation d’« grand meeting de protestation contre les agissements du Syndicat de la Trahison » à Paris. Le même jour, riposte dreyfusarde : une centaine d’allemanistes et d’anarchistes, favorables à la révision, s’opposent fermement aux antisémites lors d’une réunion publique.
    18 janvier La plainte du général Billot contre Émile Zola et le gérant de L'Aurore, Alexandre Perrenx, est transmise au ministre de la Justice. Manifeste de 32 députés socialistes déclarant se désintéresser du sort de Dreyfus qui « appartient à la classe capitaliste, à la classe ennemie ». Début des grandes manifestations antisémites à Paris et dans les grandes villes de province. Bagarres à Rennes où la faculté est envahie.
    19 janvier Le Siècle commence à publier « Les lettres d'un Innocent » d’Alfred Dreyfus, à l’initiative de Joseph Reinach.
    20 janvier Citation en cour d'assises de Zola et de Perrenx.
    21 janvier Le général Billot donne au gouverneur de Paris l'ordre de convoquer un conseil d'enquête appelé à émettre un avis sur la mise en réforme de Picquart.
    22 janvier À la Chambre, Cavaignac interpelle le gouvernement sur les prétendus aveux de Dreyfus. À la suite de la réponse de Jules Méline, il retire son interpellation, que reprend alors Jaurès. Celui-ci est insulté et frappé par Bernis. Bagarre générale. La salle est évacuée.
    23 janvier Violences antisémites à Alger. Un mort antisémite.
    24 janvier À la commission du budget du Reichstag, M. de Bulow, ministre des Affaires étrangères, déclare « qu'entre l'ex-capitaine Dreyfus, actuellement détenu à l'île du Diable, et n'importe quels organes allemands, il n'a jamais existé de relations ni de liaisons, de quelque nature qu'elles soient. » À la Chambre, à Paris, Jaurès reprend son interpellation et demande si, oui ou non, il y a eu communication de pièces secrètes au procès de 1894. Méline refuse de répondre.
    25 janvier Troubles graves à Alger. A Saint-Malo, on brûle le mannequin de Dreyfus sur la place publique.
    6 février Affichage d'un « Appel aux Français », signé Edouard Drumont, directeur de La Libre Parole, Georges Thiébaud, Jules Guérin, où les jurés du procès Zola sont menacés.
    7 février Première audience du procès Zola qui se tiendra tous les jours jusqu'au 23 février, sauf le dimanche.
    9 février Manifestations contre Zola. Yves Guyot est assailli sur les marches du Palais de justice de Paris par une bande de nationalistes emmenés par Jules Guérin.
    17 février A l’audience du procès Zola, le général de Pellieux révèle le faux Henry (qu’il présente comme une preuve massive de la culpabilité de Dreyfus).
    18 février Les généraux Gonse et de Boisdeffre confirment à l'audience les déclarations du général de Pellieux. Le chef d’État-major menace de donner sa démission. Picquart déclare qu'il y a lieu de considérer comme un faux la pièce en question et, sur une question de Me Labori, déclare expressément : « C'est un faux ». Manifestations violentes devant le Palais de justice. Ovations aux généraux. Des citoyens qui crient « Vive la République » sont menacés ou frappés.
    20 février Première réunion en vue de la création d'une Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen. Au domicile de Ludovic Trarieux, elle rassemble les savants Émile Duclaux, Arthur Giry, Édouard Grimaux, Louis Havet, le Dr Héricourt, Paul Meyer, Jean Psichari, et Paul Viollet.
    23 février Emile Zola est condamné au maximum de la peine prévue (un an de prison et 3 000 francs d’amende). Alexandre Perrenx est lui aussi condamné (quatre mois de prison et 3 000 fr d’amende).
    24 février À la Chambre des députés, Jules Méline répond aux interpellations, celle d’un défenseur des droits de l’homme (Hubbart), celles des nationalistes (Gauthier de Clagny, Castelin, etc.). Il déclare qu’il n’y a plus « ni procès Zola, ni procès Esterhazy, ni procès Dreyfus », et ajoute : « il faut que cela cesse. [...] A partir de demain, ceux qui s’obstineraient à continuer la lutte ne pourraient plus arguer de leur bonne foi… Nous leur appliquerons toute la sévérité des lois. »
    26 février Mise en réforme du lieutenant-colonel Picquart.
    2 avril La Cour de cassation annule le verdict du procès Zola pour vice de forme (le ministre de la Guerre ne pouvait porter plainte en lieu et place du conseil de guerre s’estimant diffamé par Émile Zola).
    8 avril Nouvelle plainte en bonne et due forme contre Zola et Perrenx, et nouveau procès devant la cour d’assises de Seine-et-Oise à Versailles.
    8 mai Élections législatives. Maintien de la majorité républicaine modérée antirévisionniste.
    12 mai Picquart se pourvoit contre le décret de réforme qui l’a frappé.
    23 mai Procès Zola à Versailles. Les conclusions d’incompétence prises par la défense étant rejetées, le procès est remis.
    4 juin Première assemblée de la nouvelle Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.
    7 juillet Discours menaçant de Godefroy Cavaignac, nouveau ministre de la Guerre du gouvernement d’Henri Brisson, à la Chambre des députés. À la tribune, il mentionne les « faux Henry » sans connaître la nature exacte des pièces. L’affichage du discours est voté par 572 voix.
    12 juillet Arrestation du commandant Esterhazy et de sa maîtresse ordonnée par le juge Bertulus.
    13 juillet Arrestation du lieutenant-colonel Picquart.
    18 juillet Nouvelle condamnation de Zola, qui décide de partir en Angleterre.
    25 juillet Plainte de Georges Picquart à l’encontre de du Paty de Clam, accusé d’être l’auteur du télégramme « Blanche » et le complice de la fabrication du télégramme « Speranza ».
    27 juillet Le procureur de la République Guillaume Feuilloley, invite le juge Bertulus à se déclarer incompétent pour instruire la plainte, du Paty étant officier.
    5 août Le juge Bertulus est dessaisi de ses enquêtes qui menaçaient les machinations opérées au ministère de la Guerre contre Dreyfus et Picquart. Les pourvois en cassation de Zola et Perrenx sont rejetés.
    7 août Le capitaine Cuignet, aide de camp du ministre de la Guerre Cavaignac, constate à la lumière de sa lampe que la pièce Henry est un faux.
    10 août Jaurès commence dans La Petite République la série des « Preuves » qui concluera à l’existence de faux à l’État-major et au ministère de la Guerre.

    Jean Jaurès, Les preuves - Affaire Dreyfus, 1898
    13 août Découverte du faux Henry par le capitaine Cuignet.
    30 août Convocation du lieutenant-colonel Henry au ministère de la Guerre. Aveux de l’officier.
    30 août Suicide d’Henry à la forteresse du Mont-Valérien où il a été mis aux arrêts.
    3 septembre Démission du ministre de la Guerre Cavaignac, toujours persuadé de la culpabilité de Dreyfus. Demande de révision déposée par Lucie Dreyfus.
    4 septembre Esterhazy s'enfuit en Belgique puis en Angleterre.
    12 septembre Conseil des ministres au sujet d’une éventuelle saisie de la Cour de cassation après les aveux d’Henry. Devant l’opposition de la majorité des ministres, Félix Faure fait repousser la décision jusqu’au 17 suivant.
    17 septembre Décision favorable du Conseil des ministres.
    20 septembre Ordre d'informer contre Picquart (accusé d’avoir falsifié le « petit bleu » adressé à Esterhazy, qui est arrêté.
    21 septembre Comparution de Picquart devant la 8e Chambre correctionnelle; le substitut Léon Siben demande le renvoi de l’affaire afin d’attendre le résultat de l’instruction militaire.
    22 septembre Picquart est transféré à la prison militaire du Cherche-Midi et mis au secret.
    26 septembre À la suite du rapport de la commission de révision qui conclut à la nécessité d’une enquête, le Conseil des ministres autorise le ministre de la Justice à transmettre à la Cour de cassation la demande en révision formée par Lucie Dreyfus.
    25 octobre Démission du nouveau ministre de la Guerre, qui entraîne la chute du gouvernement.
    29 octobre La chambre criminelle de la Cour de cassation déclare recevable la demande de révision du procès Dreyfus et décide de l’ouverture d’une enquête. Elle entend aussitôt les anciens ministres de la Guerre.
    31 octobre Formation du gouvernement modéré de Charles Dupuy.
    24 novembre Le lieutenant-colonel Picquart est renvoyé devant le 2e conseil de guerre de Paris.
    13 décembre Dans La Libre Parole, article de Marie-Anne de Bovet en soutien à la veuve du lieutenant-colonel Henry, « Aux braves gens ». Ouverture le jour même d’une souscription pour lui permettre de poursuivre Joseph Reinach devant les tribunaux (le « monument Henry »).
    28 décembre Mémoire de Jules Quesnay de Beaurepaire, président de la Chambre civile de la Cour de cassation, énumérant sept faits de prévenance de Bard et de Loew en faveur de Picquart et des avocats de Dreyfus, et concluant au dessaisissement de la chambre criminelle.
    31 décembre Fondation de la Ligue de la Patrie française hostile aux intellectuels dreyfusards et à la révision du procès Dreyfus.
  • 1899

    5 janvier Le capitaine Dreyfus est interrogé, sur commission rogatoire par le président de la Cour d’appel de Cayenne.
    6 janvier Quesnay réclame une enquête sur les magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation.
    8 janvier N’ayant pas reçu de réponse, Quesnay démissionne.
    30 janvier Projet de loi de Georges Lebret, ministre de la Justice, dessaisissant la chambre criminelle au profit des trois chambres réunies, dans le but d’empêcher le processus de révision du procès Dreyfus.
    9 février Clôture de l’enquête de la chambre criminelle.
    10 février Vote de la loi de dessaisissement de la Chambre criminelle de la Cour de cassation. Lebret conseille aux députés : « Regardez dans vos circonscriptions! ».
    16 février Mort de Félix Faure à l’Élysée.
    18 février À Versailles, élection d’Émile Loubet, réputé favorable aux dreyfusards, à la présidence de la République. Hué à son retour à Paris par la Ligue des Patriotes et les « gens du Roy ».
    23 février Funérailles de Félix Faure, et tentative de coup d'État de Paul Déroulède, chef de la Ligue des patriotes.
    1er mars Vote par le Sénat de la loi de dessaisissement.
    3 mars La Chambre criminelle, après avoir examiné la demande en règlement de juges formée par Picquart, déclare que la plupart des faits retenus contre ce dernier par la juridiction militaire étaient « connexes » des communications faites à Louis Leblois, lesquelles relevaient des juridictions de droit commun. Le conseil de guerre est « dessaisi ».
    10 mars Visite de Jaurès à Zola à Norwood en Angleterre.
    21 mars Première séance plénière de la Cour de cassation, toutes chambres réunies sous la présidence de Charles Mazeau.
    31 mars Début de la publication dans Le Figaro des dépositions recueillies par la chambre criminelle de la Cour de cassation (via Mathieu Dreyfus et Joseph Reinach). Publication jusqu’au 30 avril.
    31 mai La cour d’assises de Paris acquitte Déroulède et Marcel Habert pour leur tentative de coup d’État.
    3 juin Arrêt de révision. Dreyfus est renvoyé devant le Conseil de guerre de Rennes pour y être jugé. Esterhazy reconnaît, dans le journal Le Matin, qu’il est l’auteur du bordereau.
    4 juin Scandale d’Auteuil. Le président de la République est agressé par un royaliste.
    5 juin Arrivée de Zola en gare du Nord tôt le matin. Remise à Dreyfus, sur l’île du Diable, d’une dépêche annonçant la révision et le replaçant provisoirement dans son grade.
    9 juin Départ de Dreyfus de l’île du Diable, pour la France, à bord du croiseur Sfax. A Paris, Picquart est libéré après 324 jours de détention.
    22 juin Formation du gouvernement de Waldeck-Rousseau dit de « Défense républicaine ».
    30 juin Dans la nuit, Dreyfus est débarqué à Port-Haliguen sur la presqu’île de Quiberon et conduit à la prison militaire de Rennes.
    9 juillet Le commandant des îles du Salut Oscar Deniel est relevé de ses fonctions.
    7 août Début des audiences du procès de Rennes.
    14 août Tentative d’assassinat contre l’avocat de la défense Ferdinand Labori.
    9 septembre Dernière audience. Dreyfus est condamné à la majorité des 5 voix contre 2 à dix ans de détention. À la même majorité, il lui est accordé des circonstances atténuantes. Dreyfus signe un pourvoi en révision dont il se désistera le 15 septembre.
    19 septembre Grâce présidentielle. Dreyfus est libre. Mort d’Auguste Scheurer-Kestner.
    21 septembre Déclaration publique d’Alfred Dreyfus : « Je vais continuer à poursuivre la réparation de l’effroyable erreur judiciaire dont je suis encore victime… »
    9 octobre Fondation de la première université populaire, 157 rue du faubourg Saint-Antoine, à l’initiative de Georges Deherme.
    14 novembre Projet de loi de Waldeck-Rousseau sur les associations
    19 novembre Inauguration, par le gouvernement, les corps constitués et les Parisiens, de la statue du « Triomphe de la République » de Jules Dalou place de la Nation.
    Fin de l’année Le film de Georges Méliès, L’Affaire Dreyfus, réalisé après la grâce, est interdit par le gouvernement.
  • 1900

    Avril Inauguration de l'Exposition universelle
    6 décembre Début de la discussion du projet de loi d’amnistie à la Chambre des députés.
    18 décembre Vote par la Chambre d’un projet de loi modifié (155 voix contre 2).
    24 décembre Vote du Sénat (194 voix contre 10)
    27 décembre Promulgation de la loi d'amnistie
  • 1901

    15 janvier Début de la discussion du projet de loi sur les associations
    29 mars Vote du projet de loi sur les associations à la Chambre
    21-23 juin Naissance du Parti républicain, radical et radical-socialiste
    22 juin Vote au Sénat de la loi sur les associations
    1er juillet Promulgation de la loi sur les associations
  • 1902

    27 avril-11 mai Élections législatives. Victoire du Bloc des gauches
    7 juin Formation du ministère radical d’Émile Combes
    5 octobre Funérailles d'Émile Zola. Discours d’Anatole France, parlant pour « J’accuse… ! » d’un « moment de la conscience humaine ».
  • 1903

    6-7 avril Grand discours de Jaurès à la Chambre des députés, qui relance une « troisième » affaire Dreyfus. Ouverture d’une « enquête personnelle » du ministre de la Guerre, le général André, sur les faux pouvant encore exister au ministère de la Guerre.
    25 décembre Le gouvernement saisit la Cour de cassation de l'arrêt du procès de Rennes.
  • 1904

    5 mars La Cour de cassation déclare recevable la demande en révision.
    5 mars-19 novembre Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation.
  • 1905

    Juillet Loi de séparation de l'Église et de l'État
  • 1906

    15 juin Début des débats des chambres réunies de la Cour de cassation.
    12 juillet La Cour de cassation casse l’arrêt du conseil de guerre de Rennes et réhabilite le capitaine Dreyfus sans le renvoyer devant un troisième conseil de guerre.
    13 juillet Lois réintégrant Dreyfus et Picquart dans l'armée. Le premier est fait chef d’escadron, sans ancienneté, le second général de brigade, avec ancienneté.
    20 juillet Le commandant Dreyfus est nommé chevalier de la Légion d'honneur, lors d’une cérémonie à l’Ecole militaire.
    Octobre Le général Picquart devient ministre de la Guerre dans le nouveau gouvernement de Georges Clemenceau.
  • 1907

    26 juin Demande de mise à la retraire du commandant Dreyfus en raison de sa réintégration incomplète dans l’armée.
    5 août Mise à la retraite du capitaine Dreyfus.
  • 1908

    4 juin Transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon. Dreyfus est blessé par le journaliste nationaliste Grégori qui sera acquitté par la cour d'assises de la Seine.
  • 1914-1918

    Mobilisation du commandant Dreyfus et affectation à la zone nord de Paris puis au front. Il terminera la guerre au grade de lieutenant-colonel et sera fait officier de la Légion d’honneur
  • 1935

    12 juillet Mort d’Alfred Dreyfus à Paris.
    Été Publication des Souvenirs sur l’Affaire de Léon Blum.
  • 1936

    Souvenirs et correspondance, publiés par son fils.
  • 1938

    Interdiction de diffusion, par le gouvernement français, du film américain (Academy Award) The Life of Emile Zola.
  • 1944

    Janvier Mort de Madeleine Lévy, petite-fille du capitaine Dreyfus et résistance au nazisme, au camp d’Auschwitz-Birkenau.
    Juillet En plein combat de la Libération, Simone Lévy, autre petite-fille du capitaine Dreyfus, part à Nîmes chercher sa grand-mère qui se cachait dans un couvent sous le nom de « Mme Duteil ».
  • 1945

    27 janvier Charles Maurras, condamné pour intelligence avec l’ennemi, s’exclame à l’issue du verdict : « C’est la revanche de Dreyfus ».
    14 décembre Mort de Lucie Dreyfus à Paris.
  • 1981

    Soixante-quinzième anniversaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus. La Cour de cassation organise une cérémonie et un colloque, à l’initiative de l’avocat général Raymond Lindon, avec notamment Jean-Denis Bredin et le ministre de la Justice du gouvernement socialiste de Pierre Mauroy, Robert Badinter.
  • 1983

    Parution de L’Affaire de l’avocat et historien Jean-Denis Bredin.
  • 1985

    Commande officielle, par le ministre de la Culture Jack Lang, à Louis Mitelberg (« Tim ») d’une statue de Dreyfus. Le ministre de la Défense Charles Hernu refuse qu’elle soit installée à l’Ecole polytechnique et à l’Ecole militaire. Elle sera finalement placée dans le jardin des Tuileries, propriété de l’Etat à Paris.
  • 1994

    Centenaire de la condamnation du capitaine Dreyfus. Aucune manifestation officielle n’est prévue ni par la Présidence de la République, ni par le gouvernement, ni par le Parlement. Pas d’inscription à l’ordre des « Célébrations nationales » (Délégation générale aux célébrations nationales auprès de la Direction des Archives de France, Ministère de la Culture).
    31 janvier Note du Service historique de l’armée de terre (SHAP) indiquant que « l’innocence du capitaine Dreyfus est la thèse généralement admise par les historiens ». Révélée par les quotidiens Libération et Le Monde, la teneur de l’article fait aussitôt scandale. Le chef du SHAT, le colonel Gaujac est limogé par le ministre de la Défense du gouvernement d’Edouard Balladur, François Léotard.
    16 octobre Installation de la statue du capitaine Dreyfus place Pierre Lafue (angle boulevard Raspail et rue Notre-Dame-des-Champs) au cours d’une cérémonie présidée par Jacques Chirac, maire de Paris.
  • 1995

    18 et 19 mai Première diffusion, sur Arte, du film d’Yves Boisset, L’Affaire Dreyfus, qui a bénéficié d’un important soutien du ministère de la Défense et de l’Education nationale.
    7 septembre Déclaration du général Mourrut, nouveau chef du SHAT, devant le Consistoire des Israélites de France : l’affaire Dreyfus est « un fait divers judiciaire provoqué par une conspiration militaire [qui] aboutit à une condamnation à la déportation – celle d’un innocent – en partie fondée sur un document truqué ».
    30 et 31 octobre Diffusion sur France 2 du film d’Yves Boisset, L’affaire Dreyfus.
  • 1998

    « Second centenaire » de l’affaire Dreyfus, commémorant « J’accuse… ! » et l’engagement dreyfusard.
    8 janvier Lettre du Président de la République Jacques Chirac aux « descendants d’Alfred Dreyfus et d’Émile Zola ».
    13 janvier Cérémonie du Panthéon, à l’initiative du Premier ministre Lionel Jospin. Allocutions du Premier ministre et du Premier président honoraire de la Cour de cassation Pierre Drai, en présence de la ministre de la Justice Elisabeth Guigou.
    2 février Cérémonie à l’École militaire de Paris, en présence du ministre de la Défense Alain Richard et dévoilement d’une plaque d’hommage au capitaine Dreyfus.
  • 1999

    17 septembre-30 octobre Exposition The Dreyfus Affair : Voices of Honor à l’Académie militaire des États-Unis (West Point).
  • 2002

    Octobre Le Président de la République Jacques Chirac commémore le centenaire de la mort d’Émile Zola au Musée de Médan, dans les Yvelines.
  • 2006

    Centenaire de la réhabilitation du capitaine Dreyfus
    13 juin Inauguration d’une exposition nationale consacrée au capitaine Dreyfus au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.
    19 juin Colloque de la Cour de cassation pour le centenaire de l’arrêt de réhabilitation.
    12 juillet Date anniversaire de l’arrêt de réhabilitation.